
ALLERGIES
Neuf nouveaux allergènes disponibles, dont six ciblant les arachides

Siemens Healthineers a élargi son menu de tests 3gAllergy avec neuf nouveaux allergènes, dont six ciblant les arachides, principale cause d’anaphylaxie mortelle liée à l’alimentation. Des composants dérivés des acariens et du blé sont également désormais disponibles. Les informations délivrées permettent aux cliniciens de mieux distinguer les sensibilisations à haut risque des expositions plus bénignes, contribuant ainsi à orienter les soins prodigués aux patients de manière plus personnalisée et mieux informée. Ces ajouts portent à plus de 500 le nombre total d’allergènes disponibles sur le système IMMULITE 2000 XPi.
Le test 3gAllergy de Siemens Healthineers est un test IgE spécifique aux allergènes qui aide les médecins à identifier, surveiller et prendre en charge les patients atteints de maladies allergiques. Les neuf nouveaux allergènes ajoutés au menu 3gAllergy sont marqués CE et sont désormais largement disponibles.
Les tests de composants allergènes spécifiques fournissent des informations précieuses aux cliniciens et aux personnes souffrant d’allergies. On estime que 30 à 40 % de la population mondiale souffre d’une ou plusieurs allergies. Si les tests d’allergie standard confirment la présence d’une allergie, les informations au niveau des composants aident les médecins à élaborer des stratégies de gestion des allergies plus personnalisées. Cette approche contribue à améliorer la qualité de vie en minimisant les restrictions potentiellement inutiles. Par exemple, au lieu d’éviter complètement les arachides, les personnes allergiques peuvent faire des choix plus précis en fonction de leurs risques spécifiques de réaction indésirable.
INFORMATIQUE DE LABORATOIRE
Assurer la continuité du diagnostic en laboratoire
Dans un laboratoire, la moindre interruption du Système d’Information de Laboratoire (SIL) peut entraîner des retards de production, perturber les équipes techniques et, surtout, impacter la qualité du service rendu aux patients. C’est pourquoi Data Innovations a développé Backup SIL, un module conçu pour garantir la continuité des activités diagnostiques, même en cas de défaillance du système principal.
Ce module s’intègre directement au serveur Instrument Manager (IM), avec lequel il partage la même base de données. Cette architecture permet ainsi un accès immédiat aux données essentielles (patients, prescripteurs et analyses), une mise à jour continue, pour une synchronisation parfaite et un déploiement rapide, ne nécessitant aucune infrastructure supplémentaire. Grâce à cette intégration native, le système demeure opérationnel à tout moment, même dans les situations critiques.
Lorsque le SIL principal tombe en panne, Backup SIL prend instantanément le relais. Après la saisie des demandes, celles-ci sont automatiquement transmises à Instrument Manager, qui assure l’envoi des analyses vers les automates, la production et la gestion des résultats, puis la remontée des données dans Backup SIL après validation technique.
Cette chaîne de traitement continue garantit une production sans interruption. Conçu pour l’efficacité en situation d’urgence, ce module propose une interface intuitive pensée pour une saisie rapide : identification sécurisée des patients via l’IPP, panels d’analyses préconfigurés, traçabilité complète (médecins, services, heure de prélèvement), impression instantanée des étiquettes de tubes.
Ces fonctionnalités permettent aux techniciens de maintenir leur niveau de performance, même dans des contextes imprévus. En plus de la saisie des demandes, ce système offre un environnement complet pour la validation biologique :
accès aux valeurs de référence et aux antériorités, édition de rapports personnalisés incluant la signature biologique, diffusion rapide des résultats vers les services de soins.
Combiné aux modules de haute disponibilité d’Instrument Manager, Backup SIL devient un pilier de résilience pour les laboratoires.
Parmi les fonctionnalités clés :
• le mirroring en temps réel,
• le basculement automatique en cas de panne,
• les notifications instantanées pour alerter les équipes.
L’ensemble assure une surveillance continue et une continuité de production garantie.
MATERIEL DE LABORATOIRE
Boîtes à déchets en matériaux recyclés

Le secteur de la santé est l’un des plus grands consommateurs de plastiques à usage unique, et ce, pour de bonnes raisons : l’hygiène, la sécurité et la fiabilité. Alors comment concilier responsabilité écologique et exigences élevées de sécurité ?
La société Sarstedt, qui utilise déjà des matériaux recyclés notamment dans la conception de portoirs et d’autres consommables, a présenté ses nouvelles boîtes à déchets DASRI REC avec jusqu’à 61 % de matériau recyclé.
Avec jusqu’à 43 % d’économie d’équivalent CO2 par rapport à une boîte à déchets composée à 100 % de matériaux neufs, la boîte à déchets REC offre une solution plus respectueuse de l’environnement pour l’élimination des objets tranchants et piquants dans le secteur de la santé.
MYCOLOGIE
La précision de la PCR pour le diagnostic fongique
La société Sobioda, qui développe et distribue des réactifs et des systèmes pour les laboratoires de biologie médicale et pour les laboratoires de recherche et d’enseignement, a présenté la gamme de PCR fongique d’IMMY lors de l’édition 2025 de la RICAI.
Adaptable sur la plupart des automates du marché, la gamme IMMY MDx se décline en plusieurs coffrets de qPCR (PCR quantitative) :
• AurisID : spécifiquement conçu pour la détection de Candida auris, ce kit permet la détection du pathogène à partir de sérum, plasma, culture et d’écouvillons de surveillance.
• CandID : ce kit multiplex permet la détection et la différenciation simultanée de 6 espèces de Candida.
• PneumID : dédié à la détection de Pneumocystis jirovecci, ce kit inclus un contrôle interne endogène permettant l’évaluation de la qualité des échantillons.
Ne nécessitant pas de culture, ces kits offrent un gain de temps pour le laboratoire avec un résultat en 45 minutes après extraction.
Tous les kits contiennent également un contrôle interne d’extraction pour l’évaluation de l’efficacité de l’extraction des acides
nucléiques.
En distribuant les solutions IMMY, Sobioda renforce son expertise dans le diagnostic des infections fongiques invasives, en complétant son offre incluant déjà le dosage (1→3)-β-D-glucane.

L’IA d’Owkin capable de dépister les mutations germinales BRCA1/2
Nouvel exemple de la place croissante de l’IA dans les stratégies de diagnostic et de médecine personnalisée, Owkin a présenté de nouveaux résultats internationaux autour de BRCAura, son outil d’IA capable de dépister les mutations germinales BRCA1/2 (anomalies génétiques héréditaires augmentant fortement le risque de cancer du sein et de l’ovaire) directement à partir de lames de pathologie numérisées. Une avancée qui pourrait transformer le dépistage du cancer du sein.
Owkin est une start-up et licorne française, créée en 2016 à Paris, spécialisée en biotechnologies, en informatique médicale et dans l’IA au service de la médecine. Son système BRCAura a démontré des performances solides présentées à l’ESMO 2025 :
• une aire sous la courbe (AUC) de 80 %, indicateur clé de la capacité à distinguer les patientes mutées des non mutées, essentiel pour un dépistage fiable ;
• la possibilité d’écarter environ 40 % des patientes peu susceptibles d’être mutées avec une sensibilité de 93 % ;
• une robustesse confirmée sur plusieurs cohortes internationales.
Ces résultats ouvrent la voie à un dépistage BRCA plus rapide, plus standardisé et plus accessible, en rapprochant pathologie et génomique grâce à l’IA.
BRCAura a été développé à partir de la cohorte PortrAIt, un consortium français majeur dédié à la pathologie numérique (France 2030, France Relance, Next Generation EU) réunissant notamment Gustave Roussy, le Centre Léon Bérard, Unicancer, Tribun Health et Cypath, puis renforcé par une collaboration avec AstraZeneca.
La Fondation Gates mise sur Chembio pour la prééclampsie
Chembio Diagnostic Systems, filiale de Biosynex, entreprise leader dans le domaine du diagnostic Point of Care (POC), a reçu une subvention de 0,5 million de dollars de la Gates Foundation pour le développement d’un test rapide (POC) visant à prédire le risque de prééclampsie chez les femmes enceintes présentant des symptômes compatibles avec cette pathologie.
Depuis plus de 10 ans, des biomarqueurs tels que le PlGF et le sFlt-1 ont confirmé leur valeur pour prédire l’apparition et l’évolution de la prééclampsie chez les femmes présentant des symptômes suspects. Ces biomarqueurs ont montré une forte valeur prédictive négative permettant un suivi ambulatoire sécurisé et sont mesurés en routine dans certains services d’obstétrique des pays à revenu élevé afin d’améliorer et de sécuriser la prise en charge des femmes à risque.
Chembio prévoit de commercialiser un test rapide (lateral flow) simple et peu coûteux pour aider à catégoriser les femmes enceintes présentant des symptômes compatibles avec la prééclampsie. Le test nécessite une goutte de sang (20 microlitres) et le résultat est disponible en moins de 20 minutes. Il détecte le sFlt-1, qui a une forte valeur prédictive pour la prééclampsie. Le résultat peut être lu visuellement ou à l’aide d’un lecteur portable. Ce dispositif a vocation à avoir un impact médico-économique majeur, car une catégorisation optimale favorisera la prise en charge des patientes à risque et permettra également d’éviter des hospitalisations inutiles ainsi que des transferts vers des centres de référence. Il cible principalement les pays à revenu faible et intermédiaire.
Biosynex
Chembio Diagnostic Systems
VIE DES SOCIÉTÉS
En Carta Diagnostics encouragé par la FDA pour son test EC Pocket Lyme
En Carta Diagnostics, start-up deeptech française qui développe des kits de diagnostic moléculaire rapide Point-of-Need, a obtenu la désignation Breakthrough Device (BDD) de la FDA américaine de son test EC Pocket Lyme, destiné à la détection précoce de la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme.
EC Pocket Lyme est un test de diagnostic moléculaire à lecture visuelle immédiate. Il est conçu pour détecter directement la bactérie Borrelia dans le liquide interstitiel de la peau, prélevé sur des personnes présentant des piqûres de tiques ou un érythème migrant. Le test se présente sous forme d’une cassette à usage unique, conçue pour allier précision, prix accessible et facilité d’utilisation, permettant un déploiement à grande échelle. Les résultats sont destinés à aider au diagnostic précoce d’une infection par la bactérie Borrelia.
Cette désignation BDD est réservée aux technologies qui ont montré leur potentiel à fournir un diagnostic ou un traitement plus efficace pour des maladies graves ou invalidantes. Grâce à cette désignation, En Carta Diagnostics bénéficiera d’un examen prioritaire et d’échanges renforcés avec les experts et la direction de la FDA. Cela permettra de soutenir les étapes réglementaires menant à une mise sur le marché plus maitrisée aux États-Unis.
« Cette désignation constitue également une validation externe forte de la qualité, de la robustesse et de la pertinence clinique de notre plateforme », souligne le Dr Margot Karlikow, co-fondatrice et CTO d’En Carta Diagnostics.
La maladie de Lyme est l’une des maladies infectieuses les plus difficiles à diagnostiquer à un stade précoce. Son diagnostic repose sur la détection d’un érythème migrant qui peut passer inaperçu, et sur la détection d’anticorps qui mettent entre 5 à 6 semaines à se développer.
Le test EC Pocket Lyme répond à cette absence de diagnostic précoce grâce à son système de prélèvement à micro-aiguilles qui recueille le liquide interstitiel directement au niveau de la piqûre de tique et grâce à son test de diagnostic moléculaire portable capable de détecter l’ADN des bactéries responsables avant l’apparition de la réponse immunitaire.
S’appuyant sur plus de 10 ans de recherches, la plateforme EC Pocket Lyme exploite une technologie basée sur les aptamères, qui permet une liaison haute affinité et haute spécificité avec des cibles prédéfinies. Ces « signatures » moléculaires peuvent être programmées pour détecter un vaste éventail de maladies génétiques, de pathogènes et de pathologies vétérinaires, ouvrant la voie à de nombreuses applications au-delà de la maladie de Lyme dans le futur.
Dépistage du cancer du col de l’utérus chez les personnes immunodéprimées
La HAS a publié des recommandations spécifiques pour le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes immunodéprimées (hors VIH). Cette population présente un risque 3 à 5 fois supérieur de développer des lésions précancéreuses et des cancers invasifs, en raison d’une clairance virale altérée et d’une réponse immunitaire diminuée.
La prévention primaire des infections génitales à HPV repose avant tout sur la vaccination universelle. Cependant, cette vaccination ne protège pas contre la totalité des types potentiellement oncogènes de HPV et la durée de la protection conférée par ces vaccins n’est pas clairement établie, en particulier dans les populations immunodéprimées. Aussi, la vaccination contre le virus HPV n’exempte en aucun cas du dépistage du CCU et d’un suivi gynécologique régulier.
Ainsi, au terme de son évaluation, la HAS a recommandé un dépistage plus rapproché du cancer du col de l’utérus, pour les personnes immunodéprimées suivantes :
• atteintes de déficit immunitaire primitif ou congénital,
• greffées par cellules souches hématopoïétiques allogéniques,
• atteintes de lupus systémique (traitées ou non),
• sous traitement immunosuppresseur depuis au moins un an,
• et toute personne en situation d’immunodépression sévère.
Les intervalles recommandés pour le dépistage pour les personnes immunodéprimées précitées sont les suivants :
• de 25 à 29 ans, la réalisation d’une cytologie annuelle est recommandée,
• de 30 à 65 ans, un premier test HPV est à réaliser à 30 ans, puis tous les 3 ans si les résultats sont négatifs,
• à partir de 65 ans, la poursuite ou l’arrêt du dépistage du CCU devra être décidé selon le résultat du dernier test HPV et en tenant compte des antécédents médicaux.
Modalités de mise en œuvre
Le prélèvement cervical peut être réalisé tel qu’en population générale immunocompétente, par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme et également en laboratoire de biologie sur prescription médicale. Ce sera l’occasion de réaliser ou d’orienter vers le suivi gynécologique médical requis en cas d’immunosuppression. En cas de résultat anormal de dépistage, le suivi, l’orientation et/ou la prise en charge des patientes doivent être assurés par les professionnels de santé.
Enfin, l’auto-prélèvement est une alternative au prélèvement cervical par un professionnel de santé pour la réalisation d’un test HPV pour les femmes à partir de 30 ans, non dépistées ou insuffisamment dépistées selon le rythme recommandé, ou dans le cas particulier d’une mobilité réduite (personnes atteintes de sclérose en plaques par exemple).
« Les Biologistes Médicaux » renouvellent leur équipe
Réunis en Assemblée Générale, les adhérents du syndicat « Les Biologistes Médicaux » ont procédé à l’élection de leur nouveau conseil d’administration pour un mandat de 3 ans. L’équipe élue à l’unanimité et menée par le Dr Lionel Barrand, a reçu un mandat clair pour défendre une biologie médicale d’excellence, ancrée dans le parcours de soins et l’innovation.
Convaincus que le patient est unique, « Les Biologistes Médicaux » intègrent des représentants du secteur public, privé, et de l’internat au sein de leurs instances dirigeantes. « Face aux enjeux de santé publique, l’opposition public/privé est dépassée. Qu’il/elle exerce en CHU, CH ou laboratoire de ville, le/la biologiste médical(e) partage la même expertise. »
Afin de renforcer le positionnement du biologiste médical et de porter des messages de manière unie, le syndicat confirme son engagement moteur au sein de la nouvelle Fédération de la Biologie Médicale, à travers deux membres nommés au sein du Conseil Exécutif : le Dr Morgane Moulis et le Dr Lionel Barrand.
Composition du nouveau Bureau National :
• Président : Dr Lionel Barrand
• Vice-Président (Libéral) : Dr Morgane Moulis
• Vice-Président (Hospitalier) : Dr Eric Guiheneuf
• Vice-Président (Internat) : M. Vincent Guillet
• Secrétaire Général : Dr Pierre-Adrien Bihl
• Secrétaire Général Adjoint : Dr Matthieu Barthélémy
• Trésorier : Dr Nicolas Germain
• Autres membres du bureau : Charles Awoussi, Marouan Bennani, Kévin Cassinari, Stéphanie David, Hervé Fontanet, Lucien Hemar, Alexandre Janel, Kim Nguyen, Stéphanie Haim, Alexis Guérin, Hugo Langris, Patti Liccardo, Guillaume Pax, Laurence Pellegrina, Sophie Perron-Rihaoui, James Kasprzak, Walid Sabeur, Rayan Sater, Paloma Siméon.
Le mot du Président : « Nous remercions nos confrères pour leur confiance renouvelée. Ces trois prochaines années seront décisives. Avec cette équipe élargie, nous avons enfin les armes pour défendre notre modèle : une biologie de proximité, d’expertise et d’innovation, au cœur du système de santé et au service des patients. »
Covid-19 : enfin des marqueurs prédictifs de la gravité de la maladie ?
Une étude de l’Inserm et de l’Université Paris Cité, promue par l’AP-HP et financée en particulier par la Fondation pour la Recherche Médicale et l’ANRS MIE, est née d’un effort collectif pendant les premiers mois de la pandémie de la Covid-19. Elle change la donne en proposant un nouvel outil prédictif capable d’informer des risques de chaque patient grâce à une simple prise de sang. À l’origine de cet outil, la découverte par l’équipe d’Olivia Lenoir et Pierre-Louis Tharaux, chercheurs Inserm, en collaboration avec le consortium Corimuno-19, de marqueurs biologiques associés à une plus forte mortalité à 3 mois des patients hospitalisés pour une pneumonie Covid-19, même peu sévère.
Les chercheurs ont étudié 196 patients admis dans 15 hôpitaux pour une pneumonie modérée à sévère. Des échantillons cliniques ont été récoltés et 41 médiateurs immunitaires et marqueurs de lésions rénales, endothéliales et vasculaires ont été mesurés dans le sang des patients dans les 48 heures suivant leur hospitalisation. Les patients ont été suivis sur 3 mois afin de caractériser précisément l’évolution de leur pathologie. Les chercheurs trouvent ainsi que l’âge au moment de l’inclusion au début de l’étude et 14 variables biologiques (dont 11 protéines) sont indépendamment associés au risque de décès dans les 90 jours.
Parmi ceux-ci, deux marqueurs rénaux (KIM-1 ou kidney injury molecule-1 et LCN2 ou Lipocalin-2) et un marqueur anti-inflammatoire (l’interleukine 10), se sont montrés particulièrement prédictifs de la mortalité. Les concentrations plasmatiques de ces trois marqueurs, mesurées par une simple prise de sang, combinées à l’âge des patients, permettent d’identifier les patients qui sont 2 à 3 fois plus à risque de complications mortelles et ainsi d’élaborer un nouveau score de gravité de la maladie appelé « Corimuno-Score ». Conçu grâce à un modèle statistique multivarié qui prend en compte une grande quantité de facteurs confondants, ce dernier apporte une puissance prédictive maximale rivalisant avec ou surpassant la plupart des tests de laboratoire existants et les prédicteurs déjà en place fondés sur des données cliniques ou sur l’imagerie et souvent bien plus complexes. Ces résultats sont répliqués et validés dans une cohorte indépendante comprenant 105 individus.
Les travaux suggèrent ainsi que le rein est un organe sentinelle négligé dans la pneumonie à SARS-CoV-2 et qui devrait être davantage pris en compte dans les futures études, ne se limitant pas au coronavirus. Ces résultats amènent à reconsidérer les dialogues inter-organes dans les sepsis en général, et en particulier viraux. Les marqueurs identifiés auraient potentiellement un intérêt prédictif dans l’évolution d’autres maladies infectieuses graves, notamment les pneumopathies virales comme la grippe.
LENOIR O et al., Levels of circulating kidney injury markers and IL-10 identify non-critically ill patients with COVID-19 at risk of death, JCI Insight, 2026; 11(2):e198244, doi:10.1172/jci.insight.198244.
Une nouvelle classe de molécule contre les S. pneumoniae résistants

En France, une équipe de chercheurs issue de Chimie ParisTech (PSL) et de l’Institut Pasteur (Université Paris Cité) a mis au point une nouvelle classe de molécules aptes à éliminer la bactérie Streptococcus pneumoniae, ou pneumocoque. Ces molécules innovantes, appelées « aptamères modifiés au ruthénium », ouvrent une perspective inédite contre cette bactérie, souvent résistante aux traitements antimicrobiens classiques.
Ce projet est le fruit de la collaboration entre Marcel Hollenstein (Institut Pasteur), Gilles Gasser (Chimie ParisTech-PSL) et Mélanie Hamon (Institut Pasteur). Ensemble, ils ont transformé des aptamères – de courts fragments d’ADN capables de cibler des molécules précises – en y intégrant des complexes chimiques de ruthénium polypyridyle. Ces modifications leur confèrent la capacité de cibler spécifiquement Streptococcus pneumoniae et de le détruire, une avancée cruciale face à l’impact potentiellement durable du pneumocoque sur les cellules.
La photothérapie : une approche originale
Les complexes de ruthénium, déjà reconnus pour leur activité anticancéreuse in vitro, contiennent un atome métallique et sont désormais explorés pour combattre les infections bactériennes. Leur particularité : agir comme photosensibilisateurs. Une fois activés par la lumière, ils deviennent toxiques pour les bactéries, permettant leur destruction ciblée. Cette technique, la photothérapie, est déjà employée contre certains cancers et repose sur l’activation lumineuse d’une molécule initialement inoffensive.
L’équipe a ainsi développé des aptamères thérapeutiques conférant une grande spécificité au traitement, démontrant que cette stratégie pourrait être utilisée pour contrer la résistance aux antimicrobiens. Après avoir équipé des nucléotides de différents complexes de ruthénium, ils ont prouvé que les enzymes de synthèse de l’ADN pouvaient assembler ces molécules en oligonucléotides, dont certains présentent une forte affinité pour Streptococcus pneumoniae.
Après sept années de recherches, ces résultats montrent qu’il est possible de créer des aptamères puissants contre des cibles bactériennes entières grâce à des nucléotides modifiés. Cette avancée ouvre la voie à de nouvelles stratégies pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, enjeu majeur de santé publique.
FLAMME M et al., Selection of Ruthenium Polypyridyl Complex-Modified Aptamers for Photodynamic Therapy against Streptococcus Pneumonia, J Am Chem Soc, 2025; 147(47): 43612–43628
NOxForum : un congrès pionnier pour une urgence émergente
Les 26 et 27 mars 2026, se tiendra le Congrès NOxForum au Conseil Régional des Hauts de France, à Lille. Porté par le réseau Protoside, ce congrès vise à fédérer tous les acteurs impliqués dans la prévention et la prise en charge des intoxications au protoxyde d’azote, en favorisant les échanges entre professionnels de santé, chercheurs, institutions et associations, pour améliorer la coordination, renforcer les connaissances et impulser des actions concrètes à l’échelle nationale.
Au Programme : plénières et mises à jour des connaissances, tables rondes interactives et présentations de cas, espace partenaires et échanges, restitution des données du réseau Protoside, ateliers participatifs sur les outils de prévention.
Ce congrès s’adresse aux professionnels de santé hospitalier, de ville ou paramédicaux, ainsi qu’aux associations et pouvoirs publics, juristes, avocats…
Le mot d’ordre des présidents du Congrès, le Dr Cécile Bossaert (membre SFMU) et Guillaume Grzych (membre SFBC) :
« Ensemble, retrouvons-nous pour parler d’une même voix de la réalité du Protoxyde d’Azote ! »
Journée scientifique « Hématologie et Environnement »

Peut-on encore appréhender les maladies du sang sans intégrer les déterminants environnementaux qui les influencent ?
Dans un contexte marqué par le changement climatique, l’évolution des expositions environnementales et l’émergence de nouvelles menaces sanitaires, il devient essentiel pour la communauté hématologique de s’interroger sur les liens entre l’environnement et les pathologies du sang.
C’est pourquoi une journée scientifique « Hématologie et Environnement » est organisée à l’Institut Imagine de l’Hôpital Necker Enfants malades, le 17 avril 2026, au nom du groupe Hematogreen, par le Dr Bérénice Schell.
Cette journée vise à éclairer ces enjeux à travers des interventions d’experts et des approches pluridisciplinaires. Les détails du programme ainsi que les modalités d’inscription sont disponibles en suivant le QRCode ci-contre.
Journée scientifique « Hématologie et Environnement »
Pour leur 68e édition, les JIB se réinventent !
Après une année blanche, le Syndicat des Biologistes (SDBio) propose à nouveau aux biologistes de «venir à la rencontre de l’innovation en biologie médicale» : les JIB 2026 se tiendront les 19 et 20 novembre 2026 à Paris.
Nouvelle identité, nouveau logo, et nouveau lieu emblématique pour marquer cette transformation : le Centre des Congrès de La Villette, à la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, accueillera cette nouvelle édition. Celle-ci incarnera la volonté des JIB d’allier renouveau et continuité, en préservant l’excellence scientifique et la dynamique professionnelle qui font leur renommée.
Au programme : conférences, échanges, innovations et moments forts, pour rassembler la grande communauté de la biologie autour d’un objectif commun : imaginer et bâtir la biologie de demain, portée par les avancées de l’AI.
Les Journées de l’Innovation en Biologie éclairent la discipline de biologie avec des conférences scientifiques de haut niveau, des tables rondes engagées sur la profession, des rencontres inspirantes avec les partenaires, la présentation de matériel innovant et de nombreuses opportunités d’échange passionnant.
Pour François Blanchecotte, président du SDBio : « S’il est une profession au cœur de l’innovation en santé portée par l’intelligence artificielle, c’est bien la nôtre. Biologistes, avec nos partenaires, nous sommes aux avant-postes des transformations techniques profondes qui traversent le système de santé. C’est cette dynamique que nous vous invitons à venir découvrir lors des JIB 2026, qui reviennent réinventées, porteuses d’un nouvel élan pour la communauté de la biologie médicale. »
JIB 2026
Syndicat des Biologistes, SDBio
Le SNBH prend le relais des Journées en biologie d’urgence « Alain Feuillu »
À l’occasion des 8es JFBM, le SNBH a annoncé reprendre l’organisation du Symposium « Alain Feuillu » en biologie d’urgence, rebaptisé désormais Symposium International de Biologie d’Urgence (SIBU). Après une dernière édition à Saint-Malo en 2024, les Drs Michel Vaubourdolle et Christian Aussel souhaitaient passer le relais à une nouvelle équipe dynamique.
Raphaël Bérenger, président du SNBH, a souligné l’importance et l’honneur de perpétuer ce congrès, reconnu et salué par la profession pour la vitalité de ses échanges scientifiques.
Les équipes du SNBH et des JFBM ont décidé de relever le défi les 10 et 11 juin 2027 au Centre des congrès de Nîmes, et prévoit de conserver la fréquence d’origine d’un colloque un an sur deux.
Le comité d’organisation réunit Raphaël Bérenger (président du SNBH et des JFBM), Vincent Estève (vice-président du SNBH), David Guenet (trésorier du SNBH), et Philippe Souquières (PSO4Events), tous impliqués dans la réussite des JFBM. Avec ce renouveau, le SIBU veut s’affirmer comme le futur événement incontournable pour la biologie d’urgence.
Symposium International de Biologie d’Urgence, SIBU
MANIFESTATIONS
2026
– 10-11 mars Forum – Labo 2026 – LYON – www.forumlabo.com
– 12 mars – 2e Journée IA & Pathologie – PARIS – www.jiap-sfp.org/
– 25-26 mars – Tech 4 Health – PARIS – www.tech-4health.com/fr
– 25-27 mars – 46e Congrès de la Société Française d’Hématologie (SFH) – PARIS – https://sfh.hematologie.net/congres
– 26 -27 mars – Congrès Protoside – LILLE – https://noxforum.protoside.com/
– 17 avril – Journée scientifique « Hématologie et Environnement » – PARIS – https://framaforms.org/inscription-a-la-journee-hematologie-et-environnement-1759590457
– 21-24 avril – 21e Congrès Francophone d’Allergologie – PARIS – https://register.congres-allergologie.com/
– 19-21 mai – Santexpo 2026 – PARIS – https://www.santexpo.com/
– 28-29 mai – Biomed-J 2026 – PARIS – www.congres-biomedj.fr
– 3-5 juin – 36ème Congrès de la SF2H – LILLE – https://www.sf2h.net/congres/36eme-congres-sf2h-lille-2026.html
– 3-5 juin – Urgences 2026 – PARIS – https://urgences-lecongres.org/
– 4-5 juin – 13e Colloque du GEAI (Groupe d’Étude de l’Auto-Immunité) – PARIS – www.alphavisa.com/geai/2026/index.php
– 30 septembre-2 octobre – Congrès de la Société Française de Thrombose et d’Hémostase (SFTH) – NÎMES – https://www.congres-hemostase.com/
– 7-9 octobre – 21e congrès annuel de la Société Française de Microbiologie (SFM) – LYON – www.alphavisa.com/sfm/2026/fr/
– 14-16 octobre – 9e JFBM – LE HAVRE – www.linkedin.com/posts/le-havre-bureau-des-congres_jfbm-2026-x-le-havre-activity-7384160407743262720-n5ZG/?originalSubdomain=fr
– 18-20 novembre – XVIe congrès de la SFVTT (Société Française de Vigilance et de Thérapeutique Transfusionnelle) – TOULOUSE – https://www.sfvtt.org/congre/xvi-eme-congres-national-de-la-societe-francaise-de-vigilace-et-de-therapeutique-transfusionnelle
– 19-20 novembre – Journées Internationales de Biologie (JIB) – PARIS – https://lesjib.org/
– 25-27 novembre – 1st Mediterranean Meeting on Flow Cytometry – GRENADE (ESPAGNE) – https://www.alphavisa.com/cytometry/2026/index.php
2027
– 10-11 juin – Symposium International de Biologie d’Urgence (SIBU) – NIMES – https://sibu2027.com/

Retrouvez dans Spectra Diagnostic N°42 :
BOURSE & BIOTECHS
Le Groupe biopharmaceutique français IPSEN a le vent en poupe
Gizem YILDIRIM, Constance DEPEIGNE, Agathe MORET, Chaima ESSAOUI, Arsia AMIR-ASLANI
BIOTECHNOLOGIES
L’intelligence Artificielle en Chine : Quelles sont les composantes clés du modèle chinois ?
Félix VIDAL, Philippe LE, Arsia AMIR-ASLANI
BIOACTEUR
Création de la Fédération de la biologie médicale :
La biologie médicale de ville s’organise pour affronter les futurs défis de la profession
CAS BIOCLINIQUES
Cas bioclinique : quiz
Bruno BAUDIN
MISE À JOUR DES CONNAISSANCES
Recherche des antigènes urinaires de Legionella pneumophila :
limites techniques et impact sur les pratiques pour le diagnostic étiologique d’une pneumonie
Ylhame Kahina SOUAMI






